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Les échos de la presse
Der Bombenentschärfer

Münstersche Zeitung:
Un terrain explosif Théâtre: The Melodions dans
«Le désamorceur de bombes», une pièce philosophique.

«Un champ de mines est un lieu bien bizarre pour faire de la musique.
Dans leur nouvelle production, intitulée Le désamorceur de bombes, le groupe de théâtre musical münsterois «The Melodions» oppose avec courage la folie du lieu représenté à la folie du monde. Mercredi dernier avait lieu la première au théâtre «Pumpenhaus».

Un musicien et un désamorceur de bombes se rencontrent sur un champ de mines au milieu de nulle part. L'un cherche un accompagnement musical pour son travail dangereux, l'autre de l'argent facile, sans savoir exactement à quoi il s'est engagé. L'auteur italien Ferrucio Cainero a écrit une pièce sur mesure pour les deux comédiens Klaus Renzel et Gerry Sheridan. Dialogues et chansons dévoilent la motivation des deux personnages.

A un moment donné, il n'est plus du tout question de mines. Au plus tard après la chanson «Take a walk on a wild side», il est clair qu'il s'agit du sentiment de leur propre existence, du bonheur, aussi éphémère soit-il, de se sentir en présence de la mort; du vertige, de l'euphorie
qui surgit lorsqu'on s'aperçoit qu'on lui a une fois de plus échappé.

Bien sûr, il s'agit aussi d'une condamnation de la guerre. Le désamorceur parle de bombes en forme de jouets, destinées à déchiqueter les enfants. A quoi s'ajoute une dimension de critique de l'Occident, lorsque est mis en avant le fait que seule une rationalité hautement développée peut générer une telle monstruosité. Mais tout cela, la pièce le pointe du doigt en évitant l'écueil du didactisme. Et cela fait du bien. En effet, une telle thématique aurait pu donner lieu à une pièce abstraite et sans vie/feu, tissée de pieux sentiments. Dans Le désamorceur de bombes, en revanche, ce sont des marginaux qui mettent à jour les abîmes du prétendument normal. Ce qui est décisif, c'est le sentiment de reconquérir, à travers le désamorçage d'armes porteuses de mort, un peu de pouvoir face à la mort elle-même. Peu importe de savoir si ce combat a de l'avenir, face aux millions de mines antipersonnel. Ce qui compte, c'est la volonté.
Le désamorceur conclut sur ces mots: «Tu sais comment ça s'avale un éléphant? Bouchée après bouchée!» - Jan Totzek